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Causes et conséquences de la baisse de la natalité en France : l’Unaf auditionnée à l’Assemblée nationale

Le 6 novembre 2025, Bernard Tranchand, Président de l’Unaf, et Guillemette Leneveu, Directrice générale, ont été auditionnés par la Mission d’information de l’Assemblée nationale relative aux causes et aux conséquences de la baisse de la natalité. Yvon Sérieyx, Chargé de mission au Pôle Economie et Claire Ménard, Chargée des relations parlementaires, les accompagnaient.

Jeudi 6 novembre 2025, Bernard Tranchand, Président de l’Unaf et Guillemette Leneveu, Directrice générale, ont été auditionnés par la Mission d’information de l’Assemblée nationale relative aux causes et aux conséquences de la baisse de la natalité, présidée par la Députée Constance de Pélichy (LIOT, Loiret), rapportée par le Député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons, Calvados). Participaient également à l’audition de l’Unaf, les députées Anne Bergantz (Démocrates, Yvelines) et Joséphine Missoffe (EPR, Paris). Yvon Sérieyx, Chargé de mission au Pôle Economie et Claire Ménard, Chargée des relations parlementaires, les accompagnaient.

En préambule, Bernard Tranchand a rappelé la prise de conscience tardive alors que l’Unaf alerte sur le sujet de la baisse de la natalité depuis de nombreuses années. Il engage la capacité des familles à se projeter dans l’avenir mais aussi l’avenir de notre pays.

Sur les causes de la baisse des naissances en France, le Président de l’Unaf a précisé, qu’à l’appui de nombreux travaux conduits auprès des familles ou en partenariat avec l’OFCE en 2020, les conclusions convergent : les causes sont certes multiples, complexes, liées entre elles, mais d’abord et avant tout matérielles.

Pour y répondre, parmi les politiques publiques à mobiliser en priorité, il y a la politique familiale. Si la prise de conscience sur la baisse de la fécondité est aujourd’hui enfin largement partagée, les décisions pour inverser la courbe peinent à se dessiner. L’examen en cours du PLFSS pour 2026 prévoit un asséchement des recettes de la branche Famille par un transfert de 5,7 Md€ desdites recettes. Côté prestations, la majoration pour âge des allocations familiales va progressivement disparaître s’ajoutant au détricotage de nombreuses prestations familiales depuis plus de 15 ans, comme l’Allocation de base de la Paje ou les allocations familiales. Ces coupes sont autant de moyens manquant aux familles pour réaliser leur projet d’avoir des enfants.

Il y a un lien étroit entre politique familiale et baisse des naissances. La complémentarité de l’aide financière et des services apportés aux familles doit être pérennisée.

Sur les conséquences de la baisse des naissances, l’Unaf a insisté sur l’écart grandissant entre le désir d’enfant, qui est élevé, stable et très enraciné dans les aspirations des parents et futurs parents, et la fécondité réalisée, qui s’est considérablement dégradée depuis une dizaine d’années. L’Unaf s’attache à ce que les familles puissent avoir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent : aucun si elles n’en veulent pas – mais cette aspiration est très minoritaire, un si elles en veulent un, deux ou trois si elles en veulent deux ou trois, etc. Le risque existe, si aucune mesure n’est prise, il apparaîtra que cette aspiration devienne très difficile à atteindre.

L’Unaf est venue détailler ensuite les différents éléments explicatifs de la baisse de la natalité.

En premier lieu, elle a comparé deux courbes suivies par l’Unaf depuis plus de 10 ans : l’indicateur conjoncturel de fécondité et le nombre idéal personnel d’enfants pour les adultes âgés de 18 à 49 ans.

Entre 2011 et 2024, le désir d’enfant ne varie quasiment pas et reste fort. Cependant, si on le compare à l’ICF (indicateur conjoncturel de fécondité), l’écart entre le désir et la réalité des naissances lui, a doublé : de 0,36 enfant à 0,70 enfant.

Les adultes ne veulent donc pas moins d’enfants qu’il y a 10 ans, mais en font beaucoup moins. Ce qu’il faut identifier c’est ce qui freine, davantage qu’avant, la réalisation du désir d’enfant.

Dans un deuxième temps, Guillemette Leneveu a démontré le lien entre la baisse de la natalité et les coupes successives subies par la politique familiale.

En 1994, la fécondité était au plus bas, on investit alors dans une politique familiale universelle et ambitieuse. Entre la loi famille de 1994, les plans crèche qui commencent, le congé paternité de 2002, le feu d’artifice de la PAJE en 2003, on a 10 ans d’amélioration continue de la politique familiale sur ce qui lui manquait le plus, la petite enfance.

Entre 2008 et 2013, la politique familiale s’essouffle mais ses structures et sa lisibilité demeurent. Et donc, malgré la conjoncture économique générale dégardée, les naissances se maintiennent.

Puis, dès le début des années 2010, l’entrée dans le monde du travail se précarise, les revenus du travail stagnent, les conditions de travail se durcissent et se rigidifient, selon la DARES, l’accueil du jeune enfant stagne, et surtout, le congé parental est détruit.

Surtout, les aides monétaires sont, pour certaines, démantelées ou pour d’autres, sous indexées de manière répétée : l’AB de la Paje (avec une baisse des montants, l’instauration d’un double plafonnement, une division par deux de la prestation au-delà du premier plafond, une baisse des plafonds entraînant un effet fort d’éviction), la modulation des allocations familiales, le plafonnement du quotient familial à deux reprises, et les sous indexations des prestations. En 2019, l’effet cumulé de 5 ans de coupes dans la politique familiale, c’est 5,4 milliards d’euros de moins pour les parents qu’en 2014, pas du tout compensés par 1,6 milliards d’euros qui sont redistribués de manière très ciblée.

Coté conciliation vie familiale / vie professionnelle, l’indicateur européen de conciliation vie familiale / professionnelle publié par Eurofound s’est effondré : nous sommes passés de la 1ère à la 18e place européenne entre 2007 et 2016 et rien depuis n’a permis de redresser la barre.

Parmi les freins au premier enfant, Guillemette Leneveu a insisté sur le fait que depuis 10 ans, tous les déterminants matériels directs ou indirects se dégradent [l’enquête de l’Unaf en 2023 auprès de 2 500 parents révèle les questions matérielles suivantes : un logement (54%), de l’argent (48%) , au moins un emploi stable dans le couple (34%), des conditions de travail compatibles avec la vie de famille (29%)]. Les points les plus durs étant :

C’est sans doute pour cela que, depuis 2012, selon les Observatoires de l’Unaf, la part des parents qui auraient souhaité avoir leur premier enfant plus tôt a doublé, passant de 9% à 21%.

Les freins aux enfants suivants ont ensuite été détaillés.

Enfin, l’Unaf a terminé sur les mesures à prendre en priorité pour commencer à reconstruire la confiance envers la politique familiale.

Cela passe par trois premières étapes :

Le coût des modes d’accueil sont devenus exorbitants et la réforme du CMG, comme les déplafonnements successifs du barème des participations familiales dans les EAJE, contribuent à l’augmentation de ces coûts. L’Unaf est en train de recueillir des témoignages de bénéficiaires et les premiers résultats montrent que la moitié des parents se plaignent de hausses de reste à charge, et songent à réduire ou interrompre leur activité, ou faire appel à la famille, pour ceux qui le peuvent !

L’Unaf propose de déplafonner le taux partiel de l’AB de la Paje pour devenir une prestation universelle au premier enfant pendant 3 ans avec un montant de 190 € ou 95€ à taux partiel.

En conclusion, pour restaurer la confiance, il convient d’établir un consensus sur les mesures votées et les inscrire dans le temps long car un enfant s’élève sur 4 ou 5 législatures.

L’audition s’est ensuite prolongée par un temps d’échanges et de questions.

Retrouvez l’intégrale de l’audition de l’Unaf

https://videos.assemblee-nationale.fr/video.17630400_690c53af09ad1.baisse-de-la-natalite-en-france–auditions-diverses-6-novembre-2025

Pour mémoire, l’Unaf a relayé la consultation citoyenne sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité en France lancée par l’Assemblée nationale. Vous avez jusqu’au 4 décembre prochain pour y répondre. Y accéder.

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